RECHERCHER UN PHOTOGRAPHE PAR SON NOM :

SABRINA MARTINEZ

Photographies, vidéos et installations sont les médiums que j'utilise pour créer une oeuvre plastique qui s'inscrit avant tout dans le champ du poétique.
Dans ma pratique artistique, la marche et l’acte photographique sont intimement liés, réciproques. 

Par la marche, je suis présente au monde qui m’entoure et ces déplacements dans l’espace induisent une intensification de la perception et une disponibilité de l’attention visuelle.
Par l’acte de photographier, mon regard révèle des parcelles de la réalité qui nous entoure.
C’est encore lors de ces marches que je prélève des fragments de la nature. Puis les classe, les ordonne, les ré-agence et les donne à voir. 

La découverte de l’anthotype, procédé photographique à base de jus de plantes guide ma recherche depuis plusieurs années. Tout d’abord «Ghost» réalisé au cimetière Saint Pierre à Marseille, et actuellement le travail photographique toujours en cours intitulé «Les Cueilleuses». 

Les Cueilleuses (extraits)

Ce travail est né de la rencontre avec deux femmes du village où j’habite, dans les Alpes de Haute Provence. 

Depuis plus de deux ans maintenant, je pars avec elles dans la nature, loin des cultures et des voies de circulation, arpenter les chemins, la garrigue, les sous bois à la recherche de plantes sauvages. 

Je prend alors des photographies de leurs gestes ancestraux et de leurs univers. En noir et blanc. 

L'une cueille pour manger. L'autre pour soigner. 

En lien avec mes photographies je prélève aussi des végétaux pour réaliser des antho- types*. 

Utiliser ce procédé pour faire apparaitre ces images aux couleurs des plantes choisies avec soin n’est pas sans lien avec le cycle du temps... 

Et me permet de considérer l’acte photographique comme l’ensemble d’un processus, mettant en exergue le geste, la matière et l’incidence de la fabrication sur le sens de l’image. 

* Empreinte photographique produite par l’action de la lumière sur un papier enduit de jus de fleurs. 

Ghosts (extraits d’une série de 31 portraits)

Notre relation à la mort a changé tout au long des siècles, mais des masques funéraires aux médaillons de porcelaine apposés sur les tombes, l’image du visage du défunt a toujours accompagné les vivants. 

La photographie, dont on dit souvent qu’elle immortalise les visages qu’elle capture, n’offre en fait qu’une pérennité relative aux êtres disparus. En effet la photographie est elle aussi vouée à disparaître et à s?effacer, tout comme les êtres qu?elle représente et dont elle célèbre la mémoire. 

En révélant à nouveau ces visages avec des émulsions issues des plantes, l’image des défunts revient pour un nouveau cycle. Un temps indéterminé à l’instar de toute exis- tence. En effet, l’anthotype ne pouvant être fixé contredit le but de la permanence, son essence même étant ce caractère éphémère. A travers ce travail j’explore la trans- formation perpétuelle du vivant tout en affirmant la survivance du corps humain liée à celle du corps végétal. 

Traverses 

Cette série initialement conçue sous la forme d’un livret incite à pénétrer l’espace du dedans. La nature se reflète en notre être pour y dévoiler nos ressentis les plus intimes. Retrouver l’être dans l’étant, dans son authenticité. 

Les chemins empruntés invitent à ressentir et à se laisser porter par l’esprit d’anima qui souffle sur ce territoire inconnu.
Non nommé. 

IMPREGNATION SENSATIONS TRAVERSER TRAVERSEES AU TRAVERS TRANSVERSALE 

Se laisser traverser.