NATALIE VICTOR-RETALI

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Issue du monde de la danse, N_VR a suivi plusieurs formations liées à la photographie (cours du soir à l'ENSP d'Arles, stage au service photographique des musées de Bordeaux, stages auprès de photographes renommés durant les RIP d'Arles...), son but étant de développer visuellement sa manière d'appréhender le monde. De 2006 à 2009, N_VR participe à diverses expositions collectives (« Minuit vingt, demain matin » Groupe A à Paris X) et personnelles (« Désapparences » à Paris, Bordeaux, Arles, Marseille et Tolède(Espagne))     En 2010, résidence d'artiste auprès de la Communauté de Communes de Pont du Gard (une exposition : « Territoire Commun, Paysages Intimes » et un atelier de photographie participative : « Image de Soi, Image de l'Autre » y seront développés ; un catalogue interactif paraîtra sur internet)     De 2011 à 2015, elle développe ses ateliers avec le CCAS de Bordeaux et en formation d'élus, son exposition personnelle « QUELQUE CHOSE rOUGE » est programmée à Paris, Arles, Marseille2013, Bordeaux et Rhodes (Grèce). Elle travaille également avec des éditeurs (photos de couverture), a dirigé une revue culturelle : « L'Ormée » à laquelle elle apporte toujours sa contribution visuelle, un article sur son travail est paru dans la revue « Art Absolument » en juin 2015. Depuis 2016, l'artiste participe à « Femmes en Mouvement », événement soutenu par la Ville d'Arles dont le visuel est choisi parmi ses œuvres depuis quatre ans, elle y propose des projections, des expositions, des ateliers « Image de Soi, Image de l'Autre » et participe à des expositions collectives.

   

Sa série photographique : « Urban Ghost » sera exposée pour la première fois à Arles dans le cadre d’« Arts at Home» puis à Calvisson, Valliguières (Gard) et Bègles. En 2017, elle développe son projet personnel et monumental : « Ghost Project » dont 5 toiles ont été acquises par une galerie du Colorado et dont les « White Ghosts » ont été exposés par la galerie Depardieu à Nice en mai 2018.    

Elle a des projets avec les villes de Bègles, de Brest et d'Arles. Les séries « Urbaines Solitudes » et « Ice BlueS » sont d'ores et déjà programmées par la Galerie Depardieu qui la représente désormais. Au printemps 2018, elle a fondé le festival « Tombé.e.s des nu.e.s » à Arles avec  « Osez le féminisme », fourni le visuel et une exposition de nus masculin noir et blanc retravaillés à l’encre sur calque. 

Pendant les Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles, elle a participé à l’exposition collective d’Arles Gallery « Make Love, not War » parrainée par Charlélie Couture et produit, dans le cadre de Voies Off, une exposition personnelle sur Arles : « Arles est Sienne ». Un article sur son exposition « Urbaines Solitudes » à la galerie Depardieu à Nice est paru dans la revue Inferno en janvier 2019.

Ses projets pour 2020-21 : « Ice Blues » dans la galerie Depardieu à Nice en janvier 2020 et dans la chapelle des pénitents bleus à La Ciotat au printemps 2021 ; « Ghost Project » son projet monumental sera, lui, exposé dans son ensemble en l’église des frères prêcheurs d’Arles avec le soutien de la ville d’Arles.

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EN

Initially from the dance world, N_VR has followed several trainings in photography over dozens of years (courses and evening classes in Arles (South of France), classes taken from a distance, internships with photography museums in Bordeaux), in order to visually develop her way of seeing the world around her. 

 

From 2006 to 2009 N_VR took part in various different collective and personal exhibitions (« minuit vingt demain matin » / « Twenty minutes past midnight next morning» coll. Group A; «Désapparences» / «Disappearances» in Paris, Tolede, Bordeaux, Marseille, Arles…) 

In 2010 An artist residence with the community of Pont du Gard (the exhibition « Territoires communs, Paysages Intimes » / «Unknown Territories, Intimate landscapes»; development of the participative photography workshop « Image de Soi, Image de l’Autre »/«Self Image, Image of the other»…) 

 

From 2011 to 2015  Developing of participative photography workshops with Bordeaux’s CCAS, personal exhibition « QUELQUE CHOSE rOUGE » «SOMETHING RED» in Paris, Arles, Bordeaux, Marseille (France),  Rhodes (Greece)….;  works with publishers, edits a cultural magazine «L’Ormée » and brings her visual contribution to it; an article of her work appears in «Art Absolument » magazine.   

 

2016 Takes part in the event « Femmes en mouvement » / « Women in motion » (Arles) for which she supplies a visual support and for which she suggests a photography workshop : « Image de Soi, Image de l’Autre » “Self image, Image of one another” as well as a screening : “Sur la tête des femmes”. “Urban Ghosts” is presented for the first time in the context of Arts at Home in Arles then at Calvisson (Gard). The de Valliguière village grants her a weekend in october (exhibition and workshop) 

2017-2019 : personnal exhibitions in Nice, Arles and Bordeaux.

2020-21 : various  projects with Galerie Depardieu in Nice (Ice Blues) ; the city of Arles in the « frères prêcheurs » church (Ghost Project) and the city of La Ciotat (Ice Blues in « La Chapelle des pénitents bleus » )

Désapparences​

Le monde, aujourd'hui, brille. 

La dure surface des choses en témoigne. Tout est lisse mais glacé.

Parfois, pourtant, une vitre un peu moins propre rend le regard plus flou. Où se trouve aujourd'hui l'endroit où l'envers surgit ?

Comment bascule-t-on d'un monde à l'autre ?

La traversée des apparences est cet itinéraire intérieur dont les méandres mènent à la partie cachée du monde.

Quelque chose de sacré s'y attache.

La "désapparence" autorise ce basculement. 

La disparition du monde des apparences permet de rejoindre l'insoupçonné qui affleure à la surface des choses. 

Tous les points de passage supposent une diffraction de l'image et toute traversée résulte d'un instant d'inattention du monde. 

Celui-ci se défait ainsi de ceux qui ne se reflètent pas en lui, qui n'acceptent pas de regarder la surface et de s'en abreuver paisiblement, qui ne sont pas réductibles au reflet du monde.

Ceux-là "désapparaissent" au monde et s'aperçoivent enfin d'eux-mêmes."

Ice BlueS

La série de diptyques « Ice Blues » est née de la rencontre fortuite dans l’œil d’une photographe d'un Ice bar de Copenhague et d'un glacier de Patagonie.

 Deux séries de photos bleues, deux séries de photos de glace mais en contradiction profonde l'une avec l'autre. La glace de l'Ice Bar, artificielle et scintillante arbore le bleu de méthylène des becs bunsen, elle est issue d'un gaspillage éhonté d'énergie et de gaz fluorés et participe de la fonte des glaciers de Patagonie. 

Ceux-ci, d'un bleu naturel et délicat semblent crier ; ils se tordent, craquent et s'effondrent à force de réchauffement, à force d'indifférence.

 Le rapprochement de ces deux séries permet à la photographe de tenir ensemble les deux bouts de la chaîne du réchauffement climatique ; les causes [fabriquer de la glace artificielle a un coût énergétique et environnemental important], et les conséquences [la fonte des glaciers du bout du monde suite au réchauffement climatique.]

 Cette série permet de dénoncer le réchauffement climatique, ses causes et ses conséquences sans pour autant se priver de belles images, car la glace qu'elle soit artificielle ou naturelle garde, pour l'œil, sa part de beauté et de mystère. 

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EN

 

The « Ice Blues » diptych series has been created after the fortuitous encounter between an Ice Bar in Copenhaguen and a Patagonia glacier. Two blue photographs series, two ice photographs series, but both are in deep contradiction with one another. The Ice bar artificial and glinting ice displays the Bunsen burners methylene blue. It comes from a shameless waste of energy. It contributes to the melting of Patagonia glaciers. The latter, delicately and naturally blue, seem to be screaming. The glaciers twist, split and collapse, because of warming, because of indifference. Getting closer together these two photographs series allows the photographer to encompass both ends of the global warming phenomenon – the causes (manufacturing artificial ice with an important energy expenditure) and the consequences (glaciers melting down at the other end of the world as a result of global warming). This photograph series is a way of denouncing global warming, its causes and its consequences, without for all that depriving ourselves of pretty pictures. Whether artificial or natural, to the eye of the beholder, ice keeps a part of beauty and mystery.

Divers

Urbaines Solitudes​

Les solitudes croisées des urbains d'aujourd'hui forment un canevas d'instants de vie que la photographe N_VR a patiemment rassemblés ici. 

De Buenos Aires à St Pétersbourg, les grandes métropoles exsudent ce même sentiment chez les humains qui y vivent : ils se sentent minuscules et tout à fait seuls au milieu d'une foule fantasmée à laquelle jamais on ne peut recourir pour sortir de cette solitude.  

Chacun, au contraire, est systématiquement et implacablement renvoyé à son statut de minuscule élément d'un processus qui échappe désormais à toute tentative d’humanisation : la grande métropole. 

Dans la série d'images présentée ici, la photographe s'attache davantage à rendre l'atmosphère qui entoure les humains perdus dans la ville quelle qu'elle soit qu'à montrer des lieux en tant que tels. Les images ne sont jamais mises en scène et très peu retravaillées.

White Ghosts

« White Ghosts » est une série de captations par scanner de sculptures éphémères en plâtre et papier de soie. 

Elle nous permet de visualiser les fantômes qui nous hantent et n'affleurent que de loin en loin à notre conscience. La captation par scanner permet de donner vie aux mouvements de l'âme qui peuvent tourmenter un être portant en lui un engramme (trace laissée en mémoire par tous événements, dans le fonctionnement bio-électrique du cerveau-Larousse). 

Ici, la captation par scanner permet de donner à voir cet engramme et, en pleine conscience, d'y faire éventuellement face.

Le noir et blanc permet également une mise à distance propice à une certaine méditation quant à notre condition possible de ventriloque d'un autre lorsque l'engrammation est trop profonde. Le côté virginal du blanc qui est aussi la couleur traditionnelle du linceul peut également nous amener à porter notre réflexion sur le lien qui peut apparaître entre mort et virginité...

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L’effet chrysalide inversé

Texte de Christine Bourel (artiste et commissaire d’exposition)

Natalie Victor-Retali alias N_VR fait partie de ces artistes au talent protéiforme, tour à tour, photographe, peintre, sculptrice et installatrice afin de mener à bien son projet. Elle nous livre une série de captations par scanner noires et blanches, représentant des silhouettes fantomatiques. Une même forme chrysalide, mystérieuse et fascinante, se dévoile, se déplie sous nos yeux, laissant pressentir des attitudes extatiques. Est- ce une maternité baroque du Bernin, aux formes généreuses, cachées par une succession de drapés à l'antique, tenant dans ses bras un chérubin joufflu ? Est-ce une Mater Dolorosa peinte par Böcklin ou David Caspar Friedrich, prostrée dans son voile de deuil ? Ou la représentation de la Mélancolie amère et indolente, le vague à l'âme d'un Dürer ou d'un Vincent FrançoisAndré ? Peu importe l'artifice utilisé par l'artiste, ses images n'en sont que plus désirables pour le regardeur, entrouvrant tout le champ des possibles. Dame Blanche, entité surnaturelle, spectre, drapés d'un linceul ou d'un voile de Véronique, ces apparitions fantomatiques, dans un jeu d'ombres et de lumière et une atmosphère évanescente, nous troublent et nous mettent dans un état alternatif, nous renvoyant à notre regard porté sur le monde et à notre incapacité à le représenter exactement du fait de la frontalité de la réalité, sorte de fatalité d'ordre conceptuel. Natalie Victor-Retali sait à merveille organiser la fusion d'un regard lyrique et d'un monde ordinaire, hantée par les interstices et les étendues, les contours flous et l'évanouissement des formes.