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MICHELE GURRIERI

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Collectif A Bao A Qou

Né à Florence, Michele Gurrieri a d’abord étudié l’ethnomusicologie à Bologne pour ensuite s’installer en France et poursuivre ses études à la Fémis, école nationale supérieure des métiers de l’image et du son. Depuis 2010, il travaille comme directeur de la photographie sur des films de fiction et des documentaires. Il s’intéresse particulièrement aux projets liés à la musique : il a participé à un documentaire sur la musique des Roms au Kosovo, « Kajda », et réalise « The King », un documentaire sur les fanfares roms de Macédoine. Il est membre du collectif d’artistes A Bao A Qou. En 2018, il publie en édition bilingue franco-italienne « Ogni mare ha un’altra riva/Chaque mer a une autre rive », son premier livre en tant que photographe, voyage à rebours dans son pays d’origine, l’Italie, dans sa société, ses contradictions, son histoire.

Lontano

Je suis italien et je vis en France depuis 13 ans. Je n'ai pas choisi la France par francophilie, mais un peu par hasard, ou comme un pari : quand je suis arrivé, je ne parlais même pas la langue. Au bout de tant d'années, l'expérience de l'éloignement - pour ne pas dire déracinement - même quand elle a lieu dans un pays géographiquement et culturellement proche de celui où l'on a grandi, me semble d'une extrême richesse, voire même incontournable, pour l'expérience humaine. C'est justement de ce regard décalé qu'est parti cette série, de l'idée d'une Italie restée hors-champ pendant tant d'années et que j'ai finalement décidé de recadrer, afin de composer des images à partir de la réalité vue à travers le viseur de mon réflex.

J’ai voulu aller à la rencontre des gens, à travers les générations et les institutions : l’école, la prison, la communauté asiatique, les lieux de travail, les manifestations syndicales et politiques, la fête et le Carnaval, en cherchant toujours une juste distance par rapport au passé et au présent d'un pays qui est le mien tout en ne l'étant plus, un pays dont le ciel pourrait être celui d'un ailleurs lointain et où les sensations, la musique de la langue, les couleurs et les saveurs, de familières étaient devenues pour moi presque exotiques, parce que la mémoire les a cristallisées en quelque chose qui n’existe plus. 

La série « Lontano » est issue du livre « Ogni mare ha un’altra riva - viaggio in Italia con una reflex » publié par les Edizioni Clichy, Florence, 2018.

Circular

« Il voulait rêver un homme : il voulait le rêver avec une intégrité minutieuse et l’imposer à la réalité. »

 

Librement inspirée de la nouvelle de Jorge Luis Borges Les ruines circulaires, (parue dans Fictions, 1944), la série CIRCULAR fait partie d’un projet plus vaste, une performance pour saxophone baryton, électronique, vidéo et action scénique, projet de création du collectif A Bao A Qou, dont Michele Gurrieri est membre.

 

La nouvelle de Borges raconte l’histoire d’un ermite qui s’installe dans les ruines d’un temple avec le projet de créer un homme en le rêvant. Il y parvient mais finit par découvrir que lui-même est le produitd’un rêve.

Fasciné par les mondes symboliques de Borges, construits à partir de reflets, d’inversions et de parallélismes, j’ explore dans cette série le mythe de création qui sert de fil conducteur à cette nouvelle, interrogeant l’altérité, l’inquiétude de l’homme face à ses origines, au doute sur la nature fictive de son expérience sensible.

Musique Muette

Cette série est composée de photos argentiques que j’ai prises entre mes 18 et mes 27 ans. Bien souvent éloignées géographiquement et temporellement les unes des autres, ce sont des images que j’ai fabriquées avant d’avoir un rapport professionnel, rationnel, à l’image. 

Malgré l’hétérogénéité des photos, un fil rouge, tenu, se tisse entre thèmes, sédiments de vie, impressions, visions, dans un dialogue silencieux guidé par l’inconscient.