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LAURE DUBOS

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Artiste née à Paris en 1968.

Laure Dubos fait ses premiers pas photographiques à l'âge de 10 ans avec un polaroid offert par son grand-père "fou de photographie" (environ 20 000 diapos familiales recensées à ce jour). 

Bercée par les récits et les photos de voyages de son père membre de Médecins sans Frontières, elle prend conscience du monde qui l'entoure, se rendant compte que la photographie est un extraordinaire moyen d'expression, une manière poétique ou parfois brutale de donner à voir, de témoigner, de prendre la parole.

En 2012, elle suit une formation de photographe professionnel au Centre Iris et en sort diplômée.

Mise à nu(e)

Au fil des mois, j’observais les changements progressifs de son corps qui devenait de plus en plus féminin.

Petit à petit il fallait que j’intègre sa nouvelle identité. 

Olivia, ma tante, naissait.

Elle laissait derrière elle son enveloppe d’Olivier, mon oncle.

 

Les textes qui illustrent les photos sont extraits du livre "D'un corps à l'autre' d'Olivia Chaumont, éditions Robert Laffont, 2013

Vers l'abscence

Soudain, dans la lueur d’un crépuscule de Dordogne, le sapin d’un Noël dont on a oublié l’année s’inscrit, net, dans la géométrie d‘une fenêtre. 

Et c’est grand jour, au temps arrêté.

 

Dans la chambre que hantent les ombres furtives des visiteurs, ce sont les choses qui se noient peu à peu, semblant s’éloigner du lit. 

Le regard qui les cherche n’est déjà plus tout-à-fait là, ou c’est peut-être un peu de brume dans les yeux des témoins.

 

La main d’un enfant caresse le parchemin d’une peau qui frémit encore un peu. Un murmure, à peine audible, « c’est un bien joli petit ».

La mémoire est vivante, comme le dessin parfait d’un fauteuil. Elle s’en ira en dernier ; elle tient, en elle, tout.

 

On dira les choses, plus tard, à l’enfance qui prend bien vite possession du décor déserté par les grands. Elle est là dans son rôle, l’enfance. Sereine et peut-être bien grave par instants, comme le monde autour d’elle.

Et capable, tout-à-coup, de rire aux éclats, grand soleil inondant le chagrin des vivants.

Le temps immobile: l’odyssée de la mémoire

Vers le temps immobile et les objets pétrifiés, va la mémoire.

Le passé est comme un paquebot oublié le long d’un quai mais où l’on peut encore embarquer. 

Nous savons bien dès lors qu’il vit et nous allons à sa rencontre ; telle est cette odyssée, en vérité une rencontre intime qui demande finalement peu de moyens : dépoussiérer ou non, découvrir, laisser aller les sentiments dans l’étrange respect de la chose figée.

La beauté d’un regard, un geste, une posture, ainsi se déroule le voyage en compagnie des absents, avec ses mystères, sa magie, ses secrets bien gardés, ses évidences aussi. C’est une recherche d’instants et d’éternités enfouis, disparus, oubliés, revenus soudain d’un long exil.