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JEAN-LUC ARIBAUD

Je suis né le 22 juillet 1961 à Mazamet et je travaille à Toulouse dans le domaine artistique depuis une vingtaine d’années. À la fois poète et photographe, je vogue au gré de ces deux passions qui sont pour moi deux pôles complémentaires d’une même vision et appréhension du monde. À ce jour, j’ai publié chez différents éditeurs une trentaine d'ouvrages à travers lesquels ces deux disciplines dialoguent et se répondent suivant des sujets d’étude qui me sont chers, comme le sacré et le profane ou la notion de réel et de réalité dans nos sociétés modernes. J’ai obtenu deux prix littéraires : le prix Louis Guillaume de la poésie en prose et le prix international de poésie Max-Pol Fouchet. À deux reprises, la Région Midi-Pyrénées m’a consacré lauréat de la bourse d’écrivain.
J’ai réalisé un nombre important d’expositions en France et à l’étranger, soit à partir d’initiatives personnelles, soit en répondant à des commandes institutionnelles de villes, départements, régions ou organismes comme l’UNESCO lorsque le Canal du midi fut classé au patrimoine mondial. J’ai également bénéficié d’une bourse internationale de l’Association Française d’Action Artistique (AFAA) pour travailler sur la ville de Lisbonne. Pour cette exposition particulière, je suis représenté par la Galerie du Château d’Eau à Toulouse. J’ai également participé à de nombreux projets créatifs liés à différentes entreprises ou mécénats d’entreprises.
Ces deux disciplines m’ont logiquement amené vers l’enseignement et l’intervention artistiques avec le soutien des DRAC et d’institutions diverses ou d’organismes publics ou privés. J’ai donc œuvré dans des milieux aussi différents que l’institution psychiatrique, les structures liées à la petite enfance, les grandes entreprises, les associations d’éducation populaire, les facultés ou les lycées d’enseignement général et agricole, avec lesquels j’ai participé à plusieurs projets jeunes en Midi-Pyrénées et Aquitaine. Toutes ces actions sans exception ont donné lieu à des expositions, journaux, livres ou supports numérique que j’ai présentés sous forme d’outils pédagogiques à la disposition du plus grand nombre.
Au-delà de ma création personnelle, j’ai toujours voulu être un artiste entrepreneur au service de mes collègues artistes Pour ce faire, j’ai créé les éditions n&b avec lesquelles j’ai publié plus de 500 artistes vivants en région mais aussi sur l’ensemble du territoire français et à l’étranger, en particulier dans les anciens pays de l’Est. Simultanément, j’ai créé les Éditions Zorba, conçues comme réceptacle de collaborations diverses, entre différents artistes et moi-même.


Depuis quelques années, la révolution numérique, les flux artistiques novateurs ainsi que mes propres aspirations m’ont poussé à “élargir” ma démarche multidisciplinaire : la vidéo et le spectacle vivant font désormais partie de mes recherches créatives, auxquelles j’associe toujours poésie et photographie. J’ai donc écrit ou collaboré avec un certain nombre d’artistes pour différents spectacles s’appuyant sur cette multiplicité artistique. À ce jour, le spectacle vivant associé au livre et soutenu par les outils de l’internet, me semble être la chaîne idéale de production pour dire et faire entendre ma création au plus grand nombre.

Bibliographie

Les idoles bleues.

À mi-chemin entre réalité et fiction, entre cinéma et photographie, ces portraits de femmes ressemblent en apparence aux portraits traditionnellement produits par l’imagerie commerciale conventionnelle.
En apparence seulement, car derrière chaque regard pointe l’inquiétude sourde d’une figuration en plein déséquilibre. Qui sommes-nous, semblent interroger ces figures sans histoires, sans contexte auquel se raccrocher : des corps bien réels, tourmentés par un instant décisif capable de figer un fragment d’intimité perdu ? Ou les fruits d’une manipulation à travers laquelle le statut rassurant d’idole se voit déréglé par une montée irrépressible de l’essence et de son inquiétude profonde ? À l’évidence se manifestent ici des perturbations ; des signes opposés se heurtent et brouillent les schémas habituels : angoisse et fantasme, crainte et désir, effroi et séduction, au sein même de l’idolâtrie hypocrite du féminin, soumettent le lecteur à la question : être ou ne pas être ? Avant même toute représentation.


 

 

Nocturnes

Nocturnes ou la part occulte des villes, l’imprévisible langage de nos cités. Ici, les signes se mêlent, se confondent, se répondent, s’opposent et, au bout du compte, font œuvre.
Mais ils le font pour eux-mêmes, en quelque sorte, hors de la pensée humaine, à ses dépens, le plus souvent. Dans ces villes de l’Occident, petites ou grandes, capitales parfois, j’ai essayé de capter ce que l’être humain n’avait pas prévu ou voulu prévoir. Au-delà de la peur et de la solitude, au cœur de ces interférences, de ces lieux troubles où bataillent le réel et les fantasmes qui le dévorent, mes photographies donnent à voir ce qui pourrait être qualifié de « beau inattendu » : esthétique inconsciente de l’architecte, de l’urbaniste, de la femme et de l'homme anonymes des villes, tableau témoin, dérisoire et pathétique, d’une humanité dépassée par l’excessive complexité de ses créations.

 

 

Passages

Paysages profanes et paysages sacrés sont ici ramenés au même niveau pour dire que l’espace, après la pure définition géographique, est aussi une construction mentale propre à chacun.
Côte à côte, semblablement unis par le grain et le format panoramique, on trouvera donc le lieu de culte et la gravière désaffectée, la pierre dressée sur le passage de Saint Jacques de Compostelle et le terrain vague cerné de quelques pylônes. À chacun son paysage, à chacun son passage vers l’au-delà : avant ou après ou parallèlement à la représentation formelle. Passages, également, comme une jonction entre le dedans et le dehors ; entre le lieu imaginé, du rêve ou de la mémoire faillible, et celui que nos cartes et nos GPS désignent, lettres et chiffres à l’appui. À mi-chemin, ces photographies tentent de témoigner de cette ambiguïté originelle : si nous voyons ce qui est, il nous arrive aussi de voir ce que nous inventons.