RECHERCHER UN PHOTOGRAPHE PAR SON NOM :

FRÉDÉRIC GRIMAUD

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Photographe, je développe une photographie liée au voyage et à la notion de territoire géographique et humain. Je construis mon imaginaire à partir du réel que je photographie, les instants d’histoires constituent la trame de mes images et s’entremêlent parfois avec la mienne.

Cette perception intime des moments traversés et vécus offre une vision subjective du monde que je traverse. Ma recherche évolue entre photographie d’auteur (lieux abandonnés, portraits, vieillesse, deuil, abandon, quotidien, rêverie…), de reportage documentaire/social/sociologique et parfois journalistique. Les traces, la mémoire des Hommes, le temps qui passe, sont pour moi des notions qui me touchent profondément.

Approchant le courant impressionniste sur certaines de mes séries, ma recherche picturale de l’image consiste aussi en des surimpressions de scènes (paysages intérieurs et extérieurs) avec des textures, des matières, présentes dans l'environnement proche (écorce, eau, feuillage, terre...). 

Je m'intéresse également à la mise en valeur des lieux rencontrés dans la vie de tous les jours, au cours de mes errances, dans ces lieux que nous voyons sans regarder attentivement. Mon but est de poser un œil nouveau, comme un premier regard afin de découvrir, sous un autre angle, son quotidien et ses détails cachés. Garder la mémoire des lieux est une démarche très sincère pour moi. C'est pour cette raison aussi que je photographie beaucoup de lieux abandonnés, voués à être détruits. Je recherche ce qui caractérise intimement un lieu, ce qui le représente, ce qui fait son essence, son identité. Cela interroge aussi chacun de nous sur la notion de deuil, de séparation. 

Un voyage poétique dans l'intimité où la mémoire, les traces, les éléments naturels et magiques se répondent, se superposent. Le rêve et l'imaginaire se révèlent en sublimant la réalité, avec l'intention finale d'emmener le lecteur dans une histoire photographique.

Dolium

Du latin : douleur ; chagrin ; deuil.

Cette série fait suite à celle des sites abandonnés, voués à disparaître.

Il est question ici de deuil. Tous ces objets ont été trouvés dans ces friches. Ils sont sublimés par une prise de vue studio comme s'ils étaient les modèles, afin de les sauver de l'oubli.

Ils sont cependant, dans leurs lieux de vie normal. Ils sont les traces du passage de l'homme. C'est pour cette raison que je souhaite par cette démarche, leur donner une deuxième vie.

Forgotten world

Rien. Pourtant je sens une présence. Mon souffle devient court, je panique. Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? Qu'est-ce que j'ai senti approcher ? Qu'est-ce que ces bruits étranges, cette atmosphère hors du temps ? Qu'est-ce que ce vent frais sur mon visage ? Je n'étais pas à ma place. Un intrus, voilà ce que j'étais. Les friches, une terre sans hommes... Une terre qui pourrait même avoir un air de paradis... On raconte que l'homme fut chassé du paradis. Je suis ce gamin qui s'éveille par moments et veut défier la mort...

Mais non, ce n'est pas la mort que je suis venu chercher, mais ce qui me fait peur, ce qui se dérobe à mon regard, l'inconnu, le mystère, ce qui est voué à disparaitre, ou ce qui est présent, encore, ici. Et c'est la vie que j'y ai découvert...

Texte réadapté avec l’aimable autorisation de Emmanuel Lepage (Un printemps à Tchernobyl)

Le minéral des falaises

Cela faisait longtemps qu’un sujet précis en argentique me trottait dans la tête. Dans mes débuts de photographe, je me suis beaucoup intéressé à la nature, aux matières, textures, écorces. J’ai toujours aimé ce mélange entre flou et net, comme une image prise à travers une loupe.

Approchant le courant impressionniste par la photographie, ma recherche picturale de l’image consiste en des macrographies de textures, formes et couleurs mais aussi en des surimpressions de paysages sur des matières présentes dans l'environnement proche.

Je m'intéresse tout particulièrement à la mise en valeur des lieux rencontrés dans la vie de tous les jours, ces lieux que nous voyons sans regarder attentivement. Mon but est de poser un œil nouveau, comme un premier regard afin de découvrir, sous un autre angle, son quotidien.

J’ai voulu faire évoluer la thématique des falaises à travers d’anciens procédés et séries différentes.

 

Un premier travail a été effectué sur les bases des falaises avec un Rolleiflex 2.8 format carré 120 mm en argentique noir et blanc pour montrer la stabilité, la force de ces immenses falaises.

Une deuxième série, plutôt impressionniste, peignant une atmosphère d'intemporalité, sur des surimpressions en noir et blanc argentiques, mêlant matières en vues rapprochées et paysages faites avec un Lubitel 2 format carré 120 mm.

Un voyage poétique dans l'intimité où la mémoire, les traces, les éléments naturels et magiques se répondent, se superposent. Le rêve et l'imaginaire se révèlent en sublimant la réalité, avec l'intention finale d'emmener le lecteur dans une histoire photographique.

 

Enfin, une série en numérique couleur, me rappelant mes débuts avec des prises de vues rapprochées de matières, faisant apparaître le net et le flou, le macrocosme des parois mais aussi toutes les couleurs « invisibles » des falaises : ocre, bleu, violet, jaune, orange... Ces images sont présentées à la verticale pour symboliser la vie, la force et la grandeur des falaises, montrant ainsi leur fragilité et indirectement, la nôtre.

La série se termine par des photographies horizontales symbolisant la transformation de ces roches en minuscules particules de sable emmenées par la mer. La renaissance opère.