CAROLINE GEOLLE

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« Autodidacte, Caroline Geolle utilise l'appareil photo tel un troisième œil pour une quête vers l'au-delà des apparences, au-delà de l'évidence. Elle fonctionne à l'instinct, au fil de sa vie, explorant différents univers, cultivant l'imperfection pour réchauffer l'image et libérer le sujet qui s'y reflète. »  
Je suis née le 21 décembre 1965 dans le Vaucluse. L’image m’interpelle très tôt. Enfant, je découpe les catalogues pour écrire une histoire que je colle dans un cahier. C’est vers 15 ans que mes parents m’offrent mon premier appareil photo argentique et je me mets à photographier tout ce qui m’environne, les fleurs, les animaux, la nature, la famille. Puis, la musique, les concerts, les groupes de rock. Après des études en Sciences économiques et sociales,  je prends la route des voyages, Canada, Australie, Asie, Etats-Unis, l’appareil photo en bandoulière. De retour, en 1995, je m’installe dans le sud de la France, près de Montpellier et je me lance dans le reportage. Mes sujets de prédilection, s’orientent vers la complémentarité et l’interaction entre la nature et les communautés humaines. Mon univers personnel se concentre alors sur la famille et mon travail prend une tournure artistique. Après quelques expositions, je réalise en 2008, un premier livre « Je danserai pour toi », une chorégraphie photographique sur le mystérieux féminin commencé en 1997. 
L’aspect social de la photographie en tant que langage universel, outil d’expression libre, m’intéresse aussi beaucoup.  Je fonde en 2013 l’association Photographes Itinérants dans laquelle je crée des ateliers pédagogiques tout public. C’est une expérience tout autant enrichissante d’amener les gens à regarder par eux-mêmes, déformater son regard pour s’exprimer librement à travers la photographie.

In the garage

2017 (travail en cours)
« In The Garage » est né d’une aspiration à photographier les gens. Pourquoi dans leur garage ? Les garages, urbains principalement, seraient presque un lieu où l’on rencontre son voisin, où l’on échange quelques mots, où, quelques fois même, l’on se découvre les uns et les autres.  Et j’y découvre cette contradiction entre l’intime qu’il représente et la proximité qu’il donne à l’autre. C’est comme un « entre moi et chez moi ».
Sur ces photos, la voiture disparaît et laisse place à l’humain, aux objets. Je trouve dans ces garages, des choses très fortes et très personnelles et pourtant sans valeur vraiment matériel. Le garage, là où se côtoient l’emballage du four à micro et les photos de nos souvenirs les plus précieux, jusqu’aux affiches de nos passions collées de ci de là, au bon gré de nos aspirations.
Et dans le garage, pas de chichi, on est simple, naturel, comme une partie de soi que l’on divulgue, sans crainte d’être jugé.  En photographiant les gens dans leur garage, je m’aperçois qu’ils sont moins dépendants de leur image.
Et puis je leur demande : « C’est quoi le garage pour vous ?»

Réponses :
« Les choses en attentes » – Christine 50 ans
« Tout ce dont on n’a pas besoin à la maison » – Amélie 15 ans
« Mon passe-temps favoris » – Philippe 40 ans
« Pour mettre une voiture » – Mme Vie 80 ans
« Donner de l’oxygène à l’appartement » – Nicole 65 ans
« Ranger le matériel » – Didier 68 ans
« Le fouilli, le débarras, un atelier » – Jean-Christophe 65 ans
« Une partie de ma vie, tout ce que je ne peux pas mettre chez moi » – François 35 ans
« Pour bricoler avec les amis » – Jean-Louis 70 ans

Mécanique

La mécanique, quelle histoire !
 Aux origines d’une réflexion philosophique, visant à expliquer le mouvement des astres, quand les premiers astronomes de la Grèce antique concevaient le ciel comme une gigantesque machine, de la science des corps en mouvement à l’art de la construction, à l’époque de la Mechanê, Vème siècle avant JC, cette grue simulant l’apparition des Dieux et la montée des hommes vers le ciel dans les pièces du théâtre grecque antique, à la mécanique du XIX° siècle où elle prend son sens moderne, désignant alors une technique de montage et d’entretien des machines, l’histoire de la mécanique véhicule une richesse insoupçonnée.
Pourtant, la pièce mécanique ne fait pas dans la dentelle, enfin, en apparence. Son esthétique ne se rapporte qu’à sa fonction. Mais alors que la lumière se pose dessus, on découvre la beauté de l’objet, au-delà de l’apparence, au delà des marques d’usures, du cambouis et autre noirceur qui l’entoure. A travers cette série de photo, j’ai voulu mettre en avant l’esthétique de ces pièces mécaniques, tels des objets précieux et ainsi, inviter  le spectateur à se plonger dans cette odyssée où l’homme n’a cessé de projeter ses rêves, créant le mouvement vers « l’ailleurs », à la découverte du monde et des autres, l ‘entrainant vers une réalité qui, s’en cesse, lui échappe.
Quelle richesse se cache dans l’ombre de ces pièces à l’heure où les nouvelles technologies, aussi ingénieuses soient elles, nous font parfois oublier que le cœur reste mécanique et l’âme ne réside t elle pas dans le cœur ?

Divers

Je danserai pour toi

Cette série chorégraphique en noir et blanc, prend naissance entre 1996 et 1998 et évolue en trois temps. Inspirée tout d’abord par l’architecture et l’énergie de cette terre sauvage sur laquelle s’enracine la ville, la photographe respire l’âme légère et joyeuse circulant autour de ce lourd béton. Je travaille alors avec deux danseuses comme pour les unir à la masse, comme l’incarnation de cette respiration insaisissable. En 2008, ces photos deviennent une ode à la nature et au mystérieux féminin et donne naissance à mon premier livre d’artiste « Je danserai pour toi », une chorégraphie photographique, faisant appel à l’imaginaire de chacun pour trouver sa propre danse intérieure.
« Tel un invisible univers traversant en son passage un rayon lumineux, ces photos nous appellent à La suivre en disparaissant aussitôt  dans le silence des apparences qui pourtant alors se font l’écho, du rire de la femme sauvage, libre et généreuse. »

 

Divers