RECHERCHER UN PHOTOGRAPHE PAR SON NOM :

ANNA BAMBOU

Galerie Hegoa

 

Anna Bambou naît en 2010 de la rencontre entre : Sabrina, photographe et réalisatrice, elle étudie la photographie argentique en 2009 à l’Atelier Dominique Sudre (Lyon) et Marianne, réalisatrice, conceptrice de projet et à la gestion de la lumière, elle passe par l’école ICCOM (Paris) en 2003-2004 pour y étudier le management culturel.
Anna Bambou est représentée par la Galerie HEGOA.

Anna Bambou
Anna Bambou, c’est l’histoire d’un fait divers. Une femme disparaît d’un village un soir et l’esprit des habitants en reste très marqué. Ils leur parlent d’elle au cours d’un séjour là-bas et elles essaient d’en savoir plus.
Intriguées par les différents témoignages peu concordants mais concernant toujours la même personne, elles décident de travailler sur cette histoire en mêlant un fait-réel à leur imaginaire.
Elles demandent, alors, à chaque personne l’ayant connue de près ou de loin de leur raconter une anecdote sur elle. Petit à petit, elles découvrent une personne comportant autant de facettes que de personnes qui se souviennent d’elle. Leur travail se base sur la mémoire, sa fragilité, et les descriptions et événements se transformant avec le temps et les sentiments.
Ainsi naît Anna Bambou. De chaque témoignage, elles construisent une nouvelle série d’image, racontant chaque fois une nouvelle vision de cette femme.

Âmes-sœurs toxiques

Dean Moriarty nous reçoit chez lui, il nous offre un café et pose sur la table un mot griffonné.
On peut lire : “N’oublie jamais cet instant car il n’existe déjà plus. Ton amour, Anna”


-Quand vous a-t-elle écrit ça ?

-“C’était juste après notre premier rendez-vous. J’étais arrivé chez elle un peu en avance, je portais un costume, pour l’occasion, que je venais de récupérer chez le teinturier. Lorsqu’elle a ouvert la porte, elle m’a tendu un bouquet de fleurs rouges. J’étais surpris, ce n’est pas un geste que les femmes font habituellement... Après ça, elle m’a offert des fleurs à chacune de nos rencontres...

-Elle disait que c’était pour que je ne l’oublie jamais parce qu’aucune femme après elle ne le ferait.
Plus tard j’ai compris ses mots... Elle voulait toujours partir avant que l’on ne s’aime plus pour
garder le plus beau des souvenirs et ne jamais laisser l’amour se ternir.
C’est ce qu’elle a fait...”

Dean Moriarty

I'll be your miror

Témoignage de Peggy*


J’ai travaillé quelques années dans un salon de coiffure, c’était “Chez Fargo”*. C’est comme ça que j’ai connu Anna Bambou.

Elle venait de temps en temps se faire coiffer et elle demandait toujours à ce que ce soit moi qui m’occupe d’elle…
Je ne sais pas trop pourquoi… Elle devait être satisfaite de mon travail.

J’étais plutôt flattée car c’est quelqu’un que j’admirais  beaucoup, elle était toujours très belle et surtout très gentille avec moi.

Souvent je faisais la fermeture du salon, et… vous allez peut-être rire, mais lorsque j’avais terminé mon travail et que tout était rangé pour le lendemain, je prenais une perruque qui ressemblait à ses cheveux, avec une jolie frange bien coupée, je me regardais alors dans le miroir, je portais ses cheveux et me demandais ce que ça pouvait faire d’être une fille comme elle, jolie, mystérieuse et un peu sauvage.


Dites, vous pouvez changer mon prénom ? Je voudrais pas qu’on me reconnaisse.

*Les noms ont étés modifiés.

Je crois aux nuits

Toi, obscurité, d’où je suis issu,
je t’aime plus que la flamme,
qui trace les frontières du monde.
Parce qu’elle luit
pour n’importe quel cercle,
hors duquel nul être ne sait rien d’elle :
Figures et flammes, bêtes et moi-même,
comme elle capture, homme, puissance
Et il se peut ceci : une force immense
bouge tout près de moi.
Je crois aux Nuits.

Rainer Maria Rilke - Toi, obscurité (1919)

____________

On dit qu’elle est partie de chez elle au petit matin, qu’elle a rejoint la route avec nous alors que le soleil se levait à peine et venait caresser les plaines.

Elle m’est apparue dans la nuit, comme on s’éclaire d’une bougie, elle n’était pas là puis l’instant d’après... si.

Ingrid, une femme sans vertu lui a tout appris, mentir sur l’avenir dans les cartes, éconduire les hommes après la nuit...
Elle m’a dit que j’étais grand et fort, l’homme qu’elle aimait, qu’elle aimerait toute sa vie.

Elle est partie comme on éteint la lumière, parce que je lui ai demandé de s’en aller, dis que sa vie n’était pas ici, que je n’étais qu’un substitut de celui qu’elle attendait.

Elle est née dans mon obscurité, repartie dans la nuit, une lumière à la main, sur un autre chemin que le mien…

Loin du soleil de mes nuits.